Petit abécédaire pratique du Viêt Nam

La suite du premier Petit abécédaire pratique du Viêt Nam.

Bus : Transport Toutes Cargaisons. Se remplit jusqu’à la gueule, s’arrête toutes les dix minutes. Attention à ce sur quoi vous vous asseyez (poules en cages, genoux du voisin, etc.).

Casques : de moto, peuvent être de modèle allemand customisé “Hello Kitty !”, de modèle Viet Minh à fleurs roses ou de modèle chantier standard.

Filles : Laurent vous dira (ou pas).

Réfrigérateur : dans la rue, meuble apporté par les colons, dont la raison d’être s’est peu à peu perdue. S’utilise pour protéger les bières chaudes du soleil (voir Soleil).

Hoi Han

(Billet initialement noté le samedi 12 avril dans la cour de la maison d’un ancien négociant chinois)

Au sortir de notre dortoir de pensionnat à roulettes (oui je sais les touristes disent « Sleeping Bus » mais franchement, c’est vraiment un dortoir de pensionnat sur des roulettes), parfum de Chine dans les narines, soie accrochée ça et là, détails à n’en plus finir sur chaque porte et les façades. 
En revanche, et là pour le coup je suis déstabilisé tout plein, croiser des australiennes en micro short me rend un peu hystérique – et pas pour les raisons auxquelles vous pensez…

Hoi Han donc, la vieille ville, les docks, les gens, les couleurs et les sourires (encore et encore, n’en peux plus de tout ça).

Un mur défraichi parmi les autres, un jaune qui délave lentement entrainant d’autres teintes pas encore nommables et peut être inconnues pour un temps, la jeune fille accroupie qui en se levant se rend plus gracieuse que la plus gracieuse des filles que j’ai pu croiser ailleurs - et là, juste en ce moment à côté du léger bruit du clavier du portable de Luc, les rires des serveuses et le silence de la nuit débutante.

Et le reste… et le lendemain et les jours d’après, un nouveau car ou autre chose de mobile, une autre ville, une nouveauté attendue permettant de poursuivre la beauté, le fil tendu entre soi et l’extérieur.

Da Lat

Imaginez. Imaginez-vous assis. Vos genoux rentrent dans le siège qui est devant vous. L’air dehors et chaud et moite, vous transpirez. La climatisation est inexistante, l’air – à peu près – frais n’arrive que par les fenêtres ouvertes. Ce qui tombe bien, c’est que vous roulez à tombeau ouvert, donc que l’air, justement, arrive à rafraîchir la sueur qui perle sur votre front. Cette rosée salée, vous ne savez pas si elle vous vient de la chaleur locale (après tout, on finit bien par s’y habituer, non ?), ou de la conduite du chauffeur. Il faut bien dire qu’il a un peu tendance à rouler vite, très vite, trop vite ; en klaxonnant quand les scooters ne s’écartent pas assez vite ; en bloquant les roues si le scooter ne s’est pas du tout écarté ; en roulant à gauche ou sur la « bande d’arrêt d’urgence » pour doubler… Ce qui ne vous rassure pas du tout, c’est qu’à chaque arrêt, il embarque du monde, jusqu’à se retrouver à – environ – vingt-cinq dans un bus prévu pour quinze. Et le mieux, c’est quand on peut se dire qu’on est bientôt arrivé : après 4 longues heures, c’est une récompense incroyable, et méritée.

Autant vous dire que le trajet de Saigon à Da Lat fut long et pénible…

« La petite Paris », c’est ainsi qu’on surnomme Da Lat, ici. A dire le vrai, c’est un peu exagéré : on n’y trouve qu’un « vrai » Moulin Rouge : un gros moulin rouge qui surplombe un cabaret, ou une boîte à spectacles. Leur « tour Eiffel » locale n’est qu’une grosse antenne de transmissions radio, qui ressemble bien peu à la vraie.

Ville dans les hauts plateaux, c’est à dire à la frontière entre le sud et le centre, le temps y est plus clément : le soleil tape le matin, mais il pleut une heure entre 14 et 16 heures, et le soir, le fond de l’air peut être un peu frais. C’est d’ailleurs ce qui rend cette ville si agréable.

Le biologiste français Yersin s’est installé là en 1909, dans la campagne la plus rase (il n’y avait même pas une simple cahute quand il est arrivé) et a créé un laboratoire d’étude. L’activité se développant, la ville s’est étoffée : ça n’est donc pas tout à fait une vieille ville typique du Viêt Nam. Les bâtiments sont plus neufs, même s’ils sont construits dans le style vietnamien (maisons étroites et hautes, à cause des impôts qui se calculent par rapport à la surface au sol).

Ayant pour vocation première d’abriter un laboratoire d’études biologiques, la ville a gardé ce côté universitaire et de recherche : on y trouve un très grand lycée, qui enseigne entre autres choses, le Français. Y figurent un Institut Pasteur, sur lequel nous n’avons pas d’informations, mais qui doit faire de la recherche épidémiologique, j’imagine ; et un Centre de Recherche Nucléaires, que je ne me suis pas amusé à photographier…

Le climat y a vite été, cependant, son principal attrait, faisant de la ville un îlot de frais dans un monde chaud. Les villas se sont bâties – même dans le plus pur style anglo-normand, ce qui ne laisse pas de surprendre, ici. L’empereur Bao Dai y a fait construire son palais d’été, qui est toujours debout, figé dans le temps, entretenu par quelques petites mains de l’Etat, pour générer des revenus touristiques. On y trouve aussi, curiosité locale, la réalisation d’une artiste architecte du pays, qui a construit la « maison folle », un hôtel – galerie d’art inspiré du roman de Lewis Carroll, « Alice au pays des merveilles ». C’est une maison tordue, avec des chambres en forme de caverne, qu’on aurait pu jurer tout droit sortie de l’imagination de Salvador Dali. La cathédrale, défraichie et délavée, a par ses couleurs pastels qui s’effacent doucement, un doux air colonial un peu oublié. Les pagodes y sont nombreuses, comme partout ailleurs ici, et bien entretenues.

La particularité du climat local, par rapport au reste du pays, fait de Da Lat la première ville maraîchère du pays, et même du sud-ouest asiatique. Elle exporte toutes sortes de fleurs, mais a aussi comme spécialité l’artichaut – dont on fait du thé, ici – ainsi que les fraises, grandement appréciées en confiture. Nous n’avons pas pu apprendre la provenance des cépages, mais le vin local, réputé dans tout le Viêt Nam, ressemble à un Merlot, un bon vin de table. Le café, lui aussi connu nationalement, y est excellent : il a naturellement un petit arrière-goût de chocolat, ce qui le rend unique – et m’amène à me demander pourquoi est-ce qu’on ne connaît pas le café vietnamien en France…

En somme, nous y avons passé quelques bons jours, à la fraîche, avant de nous replonger dans un air plus maritime, moite et chaud.

Reprise partielle des programmes

Pardon pour cette interruption de l’image et du son.

Il semblerait qu’ailleurs qu’à Saigon, les serveurs WordPress soient modérés… Nous n’avons donc pas pu mettre le blog à jour aussi souvent que nous le voulions. Mais comme nous sommes de bons garçons, nous avons tout de même pris des notes, qui seront publiées à retardement.

Néanmoins, les photos que nous avons pu prendre sont déjà en ligne, sur Flickr. Le service a pu rétablir l’image : cliquez sur le lien et choisissez la ville que vous voulez découvrir.

http://www.flickr.com/photos/luc_dlb/collections/72157604567784385/

Bien évidemment, n’hésitez pas à laisser des commentaires !

Can Tho

Tay Ninh

C’est, semble-t-il, un village typique, au moins du sud. Des baraques de rarement plus d’un étage, étalées le long de quelques routes qui se croisent. Il n’y a pas d’architecture particulière, c’est un lieu un peu triste…

Et qui le serait complètement si Tay Ninh n’était pas la capitale de la région de Tay Ninh, et le lieu qui a vu naître, au début du XXe siècle, le Cao Daïsme (voir le lien infra). C’est une religion syncrétiste, qui mêle allègrement bouddhisme, taoïsme, confucianisme, catholicisme et islam, et dont les adeptes pratiquent entre autre le spiritisme ; le Cao Dai est donc par essence quelqu’un de très pacifique, jusqu’à ce qu’on l’énerve trop. A ce moment-là, une armée se forme, et peut se rebeller jusqu’à faire chanceler le pouvoir, ce qui est arrivé aux Français et aux communistes…

Le Cao Daïsme a connu une renommée mondiale au moment de sa création, c’était devenu la folie à la mode. Le courant s’est toutefois toujours maintenu dans le pays, et plus particulièrement dans la région de Tay Ninh. Les fidèles y sont toujours nombreux, surtout dans le sanctuaire de cette ville.

Le retour nous a donné l’occasion de nous comporter en vrais Vietnamiens : nous sommes montés dans un des minibus que n’utilisent que les habitants du coin. Nous avons eu de la chance, en étant particulièrement pris en charge par “la dame qui vendait les tickets”, et n’avons pas eu de trop mauvaise surprise…

Savoir se situer (et s’en souvenir)

Autant je sais être maintenant physiquement à Dalat, autant j’ai laissé une partie de moi-même dans une cantine de rue, “chez Martine” plus précisément, dans une chambre d’une pension de famille catholique ou ailleurs, et très certainement aussi sur une barque vermoulue du côté de Can Tho - sans compter les grandes avenues désuètes et poussièreuses de Tay Minh.

Un peu tendance à mélanger pour le moment, à force d’avoir attendu je stocke tout, du sourire et de la discussion d’une étudiante sur le bac menant à Can Tho, au vert saturé du Delta et en passant encore et encore par la douce hystérie terriblement latine de Saigon.

Je trierai bien tout ça un peu plus tard, déballer ses souvenirs, les ranger soigneusement et puis parfois garder le tout ou certains détails pour soi un peu égoistement. Une forme d’attraction de plus dans mon parc à thèmes personnel.

(au début cette note devait se nommer “un dimanche à Saigon, je peux pas t’expliquer”, petite paraphrase d’un chanteur français injustement méconnu, elle devait parler d’une Messe dimanche dernier donc avec quelques français demeurant dans la ville, de l’ambiance et de quelques autres choses. Au final, j’ai un peut tout changé. Cette Messe restera dans mes égoïstes souvenirs. Désolé.)

Allez je vous aide :

Un Noël à Alger
Je peux pas t’expliquer.
Un Noël à Alger
Dommage que j’ai pas pu… pardon, c’est vrai,
Que je ne puisse pas t’amener…

Petit abécédaire pratique du Viêt Nam

A l’usage des voyageurs, pour vous faire patienter un peu en attendant du plus sérieux. Que celui qui prend ça au premier degré soit maudit par Bouddha, Mahomet, Jésus-Christ, Confucius, Victor Hugo et Jeanne d’Arc à la fois !

Bruit Klaxons Moteurs Enfin, tout ça à la fois : Parlez plus fort, je n’entends pas !

Mékong : Grand fleuve. On s’y lave le corps, les cheveux ; on y fait son linge, sa vaisselle ; on y puise de l’eau ; on s’y soulage… Sert aussi, accessoirement, de vide-ordures.

Moto : En fait, scooter à vitesses. Principal moyen de transport au Viêt Nam. Se conduit de préférence en fermant les yeux.

Soleil : Il se lève à 6h 37′ 22″ (oui oui, c’est brutal). Il atteint son zénith à 10h, et le quitte à 15h. Enfin, il se couche entre 18h 12′ 15″ et 18h 15′ 52″ (oui oui, c’est assez soudain)… Il est à noter qu’une bizarrerie astronomique rapproche le Soleil à 300 000 kilomètres environ de la Terre, ce qui réchauffe cette dernière d’autant.

Vietnamiens : gens très serviables (vraiment !), qui insistent beaucoup pour vous vendre des billets de loterie, alors même que vous ne pouvez pas gagner.

Précis de comportement

  • Prendre un jus de fruits (avec glaçons) dans une cantine de rue - fait
  • Prendre un café frappé dans une autre cantine de rue - fait
  • Boire de l’eau au petit bonheur la chance - fait
  • Ne plus se demander d’où viennent les fruits qui sont sur la table - fait
  • Oublier de se rendre compte que la viande qui est à vos pieds (ie par terre) pendant que l’on mange sa soupe sera probablement dans votre assiette dans quelques minutes - fait (désolé mais refait)
  • Tester le whisky vietnamien - fait et ne pas refaire (bousillage de neurones trop important en une nuit)

C’est à peu près tout pour le moment… Je sais pourtant que c’est mal…

(Attention, ces gestes sont effectués par des professionnels intérimaires, ne les reproduisez pas chez vous - non vraiment)

Tay Ninh

Pour informations, la page Wikipédia sur Cao Dai (en anglais).

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